Présentation de l’icône de la Crucifixion du Christ
Cette icône réalisée selon la technique traditionnelle d’après une icône byzantine du 14ème siècle , représente le Christ crucifié avec à sa droite Marie, sa mère, et à sa gauche St. Jean, l’apôtre.
La croix sombre fait le lien entre le ciel et la terre, c’est le gibet devenu Arbre de Vie par la Passion et Résurrection du Christ, planté sur le Golgotha, le « lieu du crâne ». Dans la caverne gît le crâne d’Adam, prototype de l’Humanité mortelle, grain enfoui en terre qui doit mourir pour porter du fruit.
Sur l’or du ciel se détachent les murs de Jérusalem, froids et livides ; ces mêmes murailles qui quelques jours auparavant avaient accueilli triomphalement le fils de David.
Jean et Marie forment un rectangle reposant sur les rochers du Golgotha et passant par les entrailles du Christ, lieu de Sa puissance miséricordieuse et salvatrice : ce rectangle représente toute l’Humanité rachetée par le sacrifice d’Amour du Christ. Jean est prostré dans une attitude douloureusement contemplative, tourné vers la terre et Adam.
Marie regarde courageusement son fils et désigne le Sauveur de sa main droite dirigée vers le cœur et la gorge du Christ, le Verbe d’Amour. Sa main gauche serre sa gorge comme pour retenir le cri de son immense douleur. La couleur bleu foncé accentue l’intériorisation de cette douleur qui est comme celle d’un enfantement, le deuxième enfantement de Jésus comme Christ Sauveur dans Son Royaume.
Les cœurs de Marie, de St jean et du Christ sont situés sur un triangle équilatéral symbolisant l’Amour trinitaire qui les relie : l’Amour du Christ par l’Esprit Saint à sa mère qui représente l’Eglise et à Jean qui représente l’Humanité.
Le Christ est « endormi dans la mort ». Son corps n’est pas représenté avec les horreurs de sa chair suppliciée et le réalisme de l’agonie, mais dans la paix du « tout est accompli », la royale majesté de celui qui a accompli la mission d’amour du Père, qui est allée jusqu’au bout de l’incarnation et a vaincu la mort. Ses bras s’ouvrent pour embrasser tout l’Humanité. Sa tête est inclinée vers Marie et son corps est fléchi vers elle comme se donnant à elle et par elle à tous les hommes.
Cette icône a été bénie en l’église de Talant lors de la célébration du dimanche des Rameaux 1988 et présentée à la vénération des fidèles le Vendredi Saint.
Alain