Présentation de l’icône du Christ ressuscité bénissant Sainte Marie-Madeleine et la Vierge Marie, Mère de Dieu.
Cette icône est une interprétation d’une icône du 16ème siècle de l’iconostase du monastère Stavronikita du Mont Athos admirée lors d’un pèlerinage. Jésus-Christ ressuscité bénit d’une part sa mère Marie et d’autre part Ste Marie-Madeleine.
L’interprétation porte principalement sur le décor : à gauche la montagne avec la grotte-tombeau vide, lieu de sa résurrection. Elle est le pendant de la grotte-crèche-tombeau (voir l’icône de la Nativité) ou Dieu se fit homme. Ici l’homme Jésus retrouve sa nature divine qui fait de Son père, Notre père , message fondamental donné à Marie-Madeleine lors de sa rencontre avec le ressuscité dans le jardin au matin de Pâques.
Symétriquement la maison-église du cénacle, couverte par l’Esprit Saint (le voile rouge), est le lieu de naissance de l’Eglise constituée par les « fils adoptifs » de Dieu, frères de Jésus et enfants de Marie. On peut aussi voir la montagne comme le symbole de l’ancienne alliance (mont Sinaï) qui aboutit au Messie et à droite la nouvelle alliance fondée sur le Christ. Les 2 sont reliés par la figuration des murailles de Jérusalem, lieu historique des évènements et aussi préfiguration de la Jérusalem céleste du royaume de Dieu, rassemblement du peuple de Dieu. Le fond d’or, lumière divine, est cerclé par un fond rouge signe de l’amour du Père qui enveloppe toute la scène.
Marie désigne en Marie-Madeleine l’humanité rachetée et la donne comme future épouse au Christ. Elle-même assume son rôle de mère de l’Eglise et du corps mystique de son Fils en ses membres. Bien que l’apparition de Jésus ressuscité ne soit pas mentionnée dans les Evangiles, il est impensable que celui-ci ne l’aie pas visitée et probablement en premier dans la maison du cénacle comme l’a « vu » Maria Valtorta dans ses visions.
Mare-Madeleine est prosternée dans une position quasi fœtale et tente de toucher ces pieds qu’elle avait oints à Béthanie. Elle est prête à renaître car elle le « re-con-nait » quand il l’appelle par son nom.
On peut voir dans les 2 Marie bénies par le Christ, le double rôle de la Femme celui de mère et d’épouse, bien distincts et dont la confusion est à l’origine de tant de déviations relationnelles et de psychoses. Le rouge des robes tranche sur le vert du jardin transfiguré par la lumière de la résurrection.
La structure de l’icône est centrée sur les entrailles (hara) du Christ, centre énergétique du corps et un triangle équilatéral relie son cœur au coeur de Marie-Madeleine en passant par les « entrailles bénies » de Marie. Le Christ est peint sur l’or pour souligner sa nature divine mais son corps reste marqué par les plaies de sa passion pour attester de sa réalité charnelle.
Cette icône a été bénie pour la fête de Ste Marie-Madeleine le 22.07.1988 lors de la messe célébrée dans la grotte de la Ste Baume par le Provincial des dominicains de Toulouse. Elle a été offerte au gardien de la grotte, le père De Voucoux, et conservée dans son oratoire.
Alain, 22 juillet 1988, Fête de Ste Marie-Madeleine