La fête de la présentation de Jésus au temple ou de la Sainte Rencontre.
La scène se déroule dans le Temple de Jérusalem, lieu de la « présence divine ». Ce temple, est figuré par les 2 colonnes surmontées d’une voûte dont la clé symbolise le Christ : « nouveau temple et son Eglise ». Les 2 colonnes peuvent aussi figurer l’ancien et le nouveau Testament reliés par le Christ. Il s’agit aussi de la rencontre des représentants de la nouvelle Alliance représentée par Joseph et Marie et de l’ancienne Alliance représentée par Syméon et Anne.
L’icône est centrée sur Jésus enfant, mais non pas représenté en bébé de 40 jours mais, selon la tradition, en « Emmanuel » (Dieu parmi nous) avec les attributs du Christ (auréole avec 3 lobes, main droite bénissant et main gauche tenant la Parole). Il est offert par Marie à Syméon qui le porte dans ses bras recouverts de son manteau en signe de respect. Marie offre à Israël le Messie et à Dieu son « agneau ». Mais Syméon prophétise aussi à Marie que son Fils sera un signe de division et qu’elle-même, son cœur, sera transpercé par une épée. Cette perspective douloureuse est traduite par les replis acérés du manteau de Marie sur son bras.
Ces 3 personnes s’inscrivent dans un cercle de lumière, l’autel est comme un cierge pascal dont la flamme serait le Christ lumière du monde. C’est le moment historique où Israël passe le flambeau du salut de l’Humanité au Christ pour qu’il offre le salut à toutes les nations par sa mort et sa résurrection.
Joseph, légèrement en retrait, présente l’offrande des 2 tourterelles avec respect. Huit jours après la naissance de Jésus il l’a fait circonscrire et lui a donné le nom de Jésus (Dieu Sauve) que l’ange lui avait prescrit ainsi qu’à Marie. Il a par là, officiellement « reconnu » Jésus comme son fils et l’a ainsi fait entrer dans la lignée de David son ancêtre, il a « naturalisé » Jésus dans le peuple d’Israël. Jésus est ainsi reconnu accueilli dans sa « nature » humaine par la paternité « légale » de Joseph, comme Marie a accueilli sa nature divine par l’Esprit Saint à l’annonciation. Jésus est bien vrai Dieu et vrai Homme en une même Personne, dogme qui au cours des siècles et encore aujourd’hui est régulièrement contesté et a produit de nombreuses et très graves hérésies mettant en question l’une au l’autre de ces 2 natures du Christ.
Anne exprime sa joie comme Elisabeth lors de la visitation de Marie quand elle reconnaît le Sauveur. Elle exulte et oubliant son grand âge, elle danse comme le roi David devant l’arche car elle a devant elle la nouvelle arche d’alliance.
Sur le plan personnel dans l’histoire de chacun dont l’histoire d’Israël est une image, il s’agit aussi de reconnaître Jésus-Christ comme « son salut », son sauveur en désirant sa naissance en nous, en étant « porteur » , « offreur », « nourisseur », « répandeur » de Jésus et de son Amour.
. Que Syméon et Anne nous aident à avoir ce désir de notre Messie, la patience et la persévérance pour l’attendre. Demandons que Marie, mère de Dieu, soit aussi mère de Jésus en nous et à Joseph de savoir l’élever et faire habiter en nous.
Alain, 2 janvier 2011, en la fête de l’Epiphanie
Cette icône a été bénie le 2 février 2013 lors de la liturgie eucharistique de la fête de la Présentation au Temple célébrée en l’église Notre-Dame de Dijon par le Père Didier Gonneaud et offerte à la paroisse Notre-Dame où elle est exposée dans la crypte de « l’espace Notre-Dame ».
La fête de la présentation de Jésus au temple ou de la Sainte Rencontre. (Réf. : Luc 2, 22-40)
Quarante jours après la naissance d’un fils premier né, les observateurs de la loi de Moïse doivent le présenter au temple pour le consacrer à Dieu c. à d. l’offrir symboliquement en sacrifice à Dieu, comme Abraham offrit Isaac. Cela est symbolisé par le sacrifice d’un agneau ou pour les plus pauvres par celui de 2 colombes ou de 2 tourterelles. Le père apporte aussi 5 pièces d’argent (sycles) pour « racheter » l’enfant à Dieu. Quarante jours c’est aussi le délai imposé par la loi pour que la mère après l’accouchement soit « purifiée » par le prêtre et puisse de nouveau entrer dans le Temple. Joseph et Marie vont accomplir scrupuleusement ces rites et présenter Jésus au prêtre.
Mais l’évangile de Luc (2, 22- 40) rapporte qu’à cette occasion la sainte famille a fait une rencontre prophétique: celle de Syméon le juste et d’Anne la prophétesse, représentants les « pauvres croyants d’Israël » en attente intense du Messie. L’esprit Saint leur a révélé que cet enfant dans les bras de Marie était le Messie tant attendu. « Syméon prit l’enfant dans ses bras, il bénit Dieu en disant » : « Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s’en aller dans la paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut que tu as préparé à la face de tous les peuples : lumière pour éclairer les nations païennes, et gloire d’Israël ton peuple ».
C’est pourquoi l’Eglise en fait une fête de la lumière en allumant des cierges ou chandelles d’où le nom de la fête de la chandeleur. Cette fête s’est substituée à la fête païenne celte notamment du retour de la lumière du Soleil, symbolisé par la suite par la confection de crêpes rondes qu’on fait sauter en faisant un vœu de richesse et de fécondité.
Anne, veuve de 84 ans « fille de Phanuel, servant Dieu jour et nuit dans le jeune et la prière » a reconnu aussi le Messie et proclamait les louanges de Dieu qui sauve son peuple et elle répand cette « Bonne nouvelle ».
C’est cette sainte rencontre que représente l’icône.