Icônes-Alain

Icônes réalisées par Alain Chenal

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Sainte Hélène impératrice :

Histoire de Sainte Hélène

Née vers l’an 250, dans la province romaine de Bithynie, au nord-ouest de l’Asie Mineure, au sein d’une famille modeste, Hélène devient la compagne de Constance, officier de l'armée romaine dont elle aura un fils Constantin. Hélène, convertie assez tôt au christianisme influença son compagnon qui ne participera pas aux persécutions des chrétiens mais dut répudier sa compagne pour épouser une romaine de haute naissance quand il devint empereur d'occident et laisser son fils Constantin en otage auprès de l'empereur d'Orient. Constantin, après avoir rejoint son père et ses armées, fut désigné comme son successeur et élu César par les légionnaires. Il deviendra empereur de Rome à la suite de sombres luttes de pouvoir et de batailles dont celle de Milvius, le 28 octobre 312, où une croix lui serait apparue dans le ciel lui donnant la victoire sur son concurrent Maxence. Constantin rencontre en février 313, l’empereur d’Orient Licinius. Ils concluent un accord, l’Édit de Milan qui fixa la liberté de culte dans l'empire romain et mit fin aux persécutions dont les chrétiens étaient souvent les victimes. Constantin élimina aussi l'empereur d'Orient de Constantinople réunissant les deux empires. Par la suite le christianisme devint religion officielle de l’empire. Avec Constantin, Hélène devint la puissante protectrice des chrétiens, puisant largement dans le trésor impérial pour construire ou doter de nombreuses basiliques (Nativité à Bethléem, Ascension au Mont des Oliviers à Jérusalem et jusqu'en Égypte), et pour secourir les pauvres, protégeant les opprimés et s’efforçant d’améliorer le sort des prisonniers, ce qui la fit vénérer du petit peuple.

Hélène partit de Rome en pèlerinage vers la Terre Sainte en 325, âgée de près de 80 ans, en guise d'expiation pour les meurtres et violences perpétrées par son fils pour conquérir le pouvoir et afin de retrouver les reliques de la Passion et crucifixion du Christ. Elle fit exécuter des fouilles sur le site du Calvaire (St Sépulcre actuellement) où l’empereur Hadrien avait fait élever un temple à Vénus, temple qu'elle fit détruire.

La découverte la plus importante fut celle de la Sainte Croix * et des clous de la crucifixion de Jésus-Christ ** mais peut-être aussi la tunique sans couture que portait Jésus au moment de sa passion *** . Les circonstances de la découverte de la vraie croix sont rapportées dans un texte écrit en 395 par l'évêque saint Ambroise de Milan. Il rapporte qu'Hélène aurait retrouvé les trois croix dans une ancienne citerne, et que pour reconnaître celle du Christ elle y aurait trouvé l'inscription : INRI "Jésus de Nazareth, Roi des Juifs" . Hélène, fortement marquée par ces découvertes, témoins de la passion et mort du Christ, mourut à Rome en 330 avec à ses cotés Constantin qui finit par se convertir au christianisme sur son propre lit de mort.

Elle est considérée comme sainte par l’église orthodoxe et l’église catholique qui la fête le 18 août alors que l’église orthodoxe la fête comme « égale aux apôtres » en même temps que son fils Constantin le 21 mai. Ses principales reliques reposent dans une chasse dans la crypte de l'église St Leu-St Gilles 92 rue St Denis à Paris. Elles y ont été transférées en 1820 depuis l'abbaye bénédictine de Hautvillers près d’Épernay où elles avaient été conservées depuis le 9ème siècle.

Hélène est un prénom d’origine grecque, « Heléne » , en rapport avec le soleil, "hélios", il signifie "Éclat du soleil" Dans la mythologie grecque, Hélène était fille du cygne Léda, sœur de Castor et de Pollux, épouse de Ménélas, Hélène était très belle. Pâris l’enleva et ce fut la guerre de Troie. Zeus plaça Hélène aussi haut que les dieux pour qu’elle brille comme le soleil dans le ciel.

Alain, juillet 2014,
d'après le livre « L'impératrice Ste Hélène » de Hélène Yvert-Jalu (ed.Tequi 20013)

* Cette croix a été débitée en de multiples fragments conservés comme reliques dans de nombreuses églises et abbayes à travers toute la chrétienté.
** La Sainte Chapelle de Paris fut construite par St Louis pour abriter la relique de la Couronne d'épine et les clous, actuellement visibles dans le trésor de N. Dame de Paris.
*** La « Tunique d'Argenteuil » relique conservée dans la basilique St Denys d'Argenteuil serait celle ( sans coutures) que Jésus porta pendant sa passion et offerte par l'impératrice Irène à Charlemagne (voir Wikipédia)

Présentation de l'icône de Ste Hélène

Cette icône représente Sainte Hélène en pied, parée de sa couronne et de ses habits d'impératrice-mère et tenant de sa main droite la Sainte Croix telle que la représentent les orthodoxes, avec au-dessus de la traverse, l'inscription INRI (Jésus de Nazareth, roi des juifs) et en dessous le croisillon en biais représentant les 2 larrons crucifiés avec lui, l'un à sa droite à qui Jésus a promis qu'il se retrouvera dans son Royaume avec lui et l'autre qui s'est moqué de lui. Ce croisillon symbolise notre humanité et nos choix par rapport au Christ. La croix représentée n'est pas l'instrument doloriste du supplice mais l'objet symbolique du croisement entre la verticale et l'horizontale, de l'humanité et de la divinité du Christ, de son incarnation dans notre monde et de sa résurrection rappelée par le large fond or de l'icône et les dessins du cadre gauche. Le cadre du bas et du haut est constitué d'une chaîne de grands H comme Hélène, anagramme de l'impératrice, mais aussi comme la lettre hébraïque Hé symbole de l'Esprit Saint dans l'anagramme divin Y Hé Vav Hé . Sur le coté droit les dessins symbolisent la rencontre du monde occidental et du monde oriental unis par la croix dans l'Amour du Christ, un liseré rouge rappelle que Sainte Hélène dans sa découverte de la croix a été guidée par l'Esprit Saint. Ainsi ce cadre n'est pas purement décoratif mais participe au message de l'icône de Sainte Hélène et de la Sainte Croix.

Dans sa main gauche Sainte Hélène tient une maquette d'église comme celles qu'elle fit construire sur les lieux saints et ailleurs,grâce à la fortune et au pouvoir de son fils l'empereur Constantin. A ses pieds est esquissée la silhouette des murs de Jérusalem et le Golgotha où le Christ a été crucifié. Son habit somptueux d'impératrice d'Orient et d'Occident est constitué d'une robe vibrant de la couleur rouge orangé de l'Esprit saint, sur laquelle se détache une étole d'or en forme de croix, marquant son appartenance au Christ, brodée de motifs verts, couleur de la Vie. Son manteau est brodé avec un aigle à 2 têtes symbole de l'unité des deux empires, de Rome et de Constantinople. Sainte Hélène découvre la croix glorieuse en fin de sa vie au cours de laquelle elle a sans doute beaucoup souffert notamment de la répudiation par son époux impérial Constance et des violences et turpitudes de son arriviste de fils.

Sainte Hélène nous introduit dans la réalité et le mystère salvateur de la mort et résurrection du Christ, mais aussi dans la réalité de nos propres « croix salvatrices » ou épreuves à « découvrir » dans nos profondeurs, nos puits encombrés, et à assumer pour renaître. La croix fait l'unité en nous entre la droite et la gauche, le masculin et le féminin, l'attraction vers le haut et la pesanteur vers le bas dans la profondeur de notre être. La croix, croisement de l'axe vertical reliant le ciel et la terre et de l'axe horizontal de l'humanité symbolise le destin de l'Homme : nous sommes dans notre vie aussi au croisement de notre humanité avec notre destinée divine. Sainte Hélène nous rappelle l'invitation du Christ « à prendre notre croix » et à le suivre car elle nous ouvre le chemin vers la vraie Vie. Elle porte aussi l'espoir de l'unité de l’Église d'orient et d'occident par la croix du Christ.

« Que Sainte Hélène nous aide à découvrir et reconnaître dans nos profondeurs nos croix et à les assumer dans l'unité de notre vie et qu'elle aide tous les chrétiens à s'unir dans le Christ.»

Alain, juillet 2014

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