Présentation de l’icône de Marie, Vierge du Signe, dans la circulation d’Amour entre les trois personnes de la Trinité (Périchorèse) :
L’icône traditionnelle de la « Vierge du Signe » (de l’incarnation de Dieu en Jésus-Christ), s’inscrit dans un entrelacs de 4 séries de cercles représentant la « périchorèse ou circuminsession » de la Sainte Trinité, c'est à dire la circulation continue et sans fin, de l’Amour de Dieu entre les trois personnes de la Sainte Trinité. (voir sur ce site l’album « La mosaïque de St Guillaume de Volpiano, image de la périchorèse de la Sainte Trinité)
Le quadri-lobe de l’icône s’inscrit dans une ellipse avec un foyer en haut, dans le monde divin et un foyer en bas dans le monde créé. La circulation d’Amour est figurée par le flux orangé (rouge de l’Amour et jaune de la Lumière), cerné par des bandes violettes ( couleur du sacré) et vertes. (couleur de la vie) avec des « germes » de vie divine et de vie incarnée) qui donnent une impression de circulation continue. Autour du quadri-lobe sont esquissés des séraphins, représentants du monde angélique, témoin de ce mystère de l’incarnation. Au centre des quatre cercles est représenté l’Emmanuel, « Dieu parmi nous », dans le sein de Marie. Jésus en jeune homme bénit des deux mains l’humanité et la création. Il figure dans un cercle analogue à celui, rouge cerné de violet, représentant le Fils de Dieu dans la périchorèse trinitaire. Marie n’est pas la quatrième personne de la Trinité mais elle est habitée par l’Amour périchorique. Elle est représentée en « orante », élevant sa prière vers la Trinité. Par la place de sa tête et de son auréole au centre du quadri-lobe, elle exprime sa proximité avec l’Esprit et avec le Fils. Elle est épouse de l’Esprit Saint et mère de Dieu en Jésus. Elle est « Porte du ciel » par son Fils le Sauveur, Mére des « Vivants » et gloire de la Création.
Cette icône illustre donc le chemin du salut : l’Esprit Saint envoyé par le Père engendre par sa grâce, en Marie, l’Emmanuel, « Dieu parmi nous ». Jésus parcours sa vie d’homme et annonce la Bonne Nouvelle de l’Amour de son Père pour les hommes, jusqu’à sa passion et sa mort sur la croix. Ressuscité dans l’Esprit Saint, il retourne au Père. Celui-ci, envoie l’Esprit Saint, sur les hommes qui deviennent par une nouvelle naissance, temples de l’Esprit, , frères de Jésus-Christ, enfants du Père et reçoivent la vie éternelle dans son royaume.
Marie et avec elle toute l’humanité, greffée sur la périchorèse trinitaire, entre ainsi dans la danse sacrée de l’admirable échange d’Amour des trois personnes de la Sainte Trinitè
Je souhaite que cette icône puisse servir comme support de prière et de méditation et aussi comme outil pédagogique pour une approche de la beauté et richesse de la foi en la Sainte Trinité et du rôle de Marie dans le salut
Alain Noël 2021
Présentation détaillée de l’Icône de l’incarnation : Marie avec l’Emmanuel dans l’Amour trinitaire de Dieu ou « Périchorèse » (Mai 2024) :
Cette icône s’inscrit dans mon essai de représentation de la circulation de l’Amour de Dieu entre les trois personnes de la Sainte Trinité, appelée Périchorèse ou circumincession par les théologiens. Cette représentation est inspirée par la mosaïque de Saint Guillaume de Volpiano (fig.1) conservée dans la crypte-rotonde de la cathédrale Saint Bénigne de Dijon et de l’interprétation symbolique que j’en ai faite. (voir sur ce site l’album « La mosaïque de St Guillaume de Volpiano, image de la périchorèse de la Sainte Trinité »)
Il en est résulté une première icône appelée « Dieu est relation Amour »,(fig.2) réalisée sur la base de la tri-stella de St Guillaume avec l’inclusion dans la périchorèse des représentations du Fils par Jésus-Christ Sauveur et de l’Esprit Saint par une colombe, le Père étant suggéré par le Yod du tétragramme sacré YHVH ( icône N° 87 du site)(fig.2). Il ne s’agit pas d’un icône de la Sainte Trinité mais d’une représentation de leur périchorèse.
Au lieu de disposer les trois cercles les uns en dessous des autres verticalement, le même type de construction circulaire peut se réaliser autour de trois centres situés aux sommets d’un triangle équilatéral, figure souvent utilisé pour symboliser la Trinité. On obtient un tri-lobe (fig.3) (voir l’album « La mosaïque de St Guillaume de Volpiano » Chap.II.1 la périchorèse trinitaire image tri-lobée.)
Si l’on ajoute un quatrième groupe de cercles dont le centre est situé au sommet du losange symétrique du triangle trinitaire, ce quatrième groupe de cercles embraie sur les trois autres et on obtient un quadri-lobe (fig.4). Le chiffre quatre est celui de la lettre hébraïque Dalet qui signifie « la porte ». Ce tri-lobe s’inscrit dans une ellipse avec un foyer en haut, dans le monde divin et un foyer en bas dans le monde créé. Nous sommes à la porte, à la jointure entre le monde spirituel trinitaire, incréé et le monde créé. Il s’agit de la possibilité d’un autre monde d’entrer dans la périchorèse trinitaire : ce monde c’est le nôtre, l’humanité et la création. Le flux continu orange, synthèse du rouge de l’amour et du jaune de la lumière, attributs de l’Esprit Saint, parcourt les quatre cercles, passant du Père à la création , et retourne au Père par le Fils de manière continue et en boucle, en passant à chaque fois par l’Esprit Saint qui relie les quatre entités.
Si l’on inscrit dans ce quatrième groupe de cercles l’icône traditionnelle de la Vierge du Signe (de l’incarnation de Jésus-Christ), il en résulte la présente icône de l’Incarnation : Marie avec l’Emmanuel (Dieu parmi nous) en son sein, dans la périchorèse de la Sainte Trinité. (fig 5). Il ne s’agit pas de l’inclusion d’une nouvelle personne, Marie, dans la Trinité : Elle est « mère porteuse » de Jésus, Fils de Dieu, fécondée par l’Esprit Saint au nom du Père. Jésus est jeune bénissant des deux mains l’humanité et la création. Il figure dans un cercle analogue à celui, rouge cerné de violet, représentant le Fils de Dieu dans la périchorèse trinitaire. Marie est représentée en « orante », élevant sa prière vers le Fils et l’Esprit Saint. Par la place de sa tête et de son auréole au centre du quadri-lobe, elle exprime sa proximité avec le Fils et avec l’Esprit Elle est épouse de l’Esprit Saint fécondée par le flux d’Amour envoyé par le Père. Elle est aussi reliée directement à la source d’Amour, le Père, « qui l’a sanctifiée par sa grâce » comme l’ange Gabriel lui a annoncé (son nom est « l’Immaculée Conception » comme elle l’a révélé à Sainte Bernadette). En tant que Mère de Dieu, elle est liée au Fils dans l’Esprit Saint et c’est le Fils qui l’emportera, corps et âme dans le royaume de son Père ( voir l’icône de l’Assomption).
Autour du quadri-lobe sont esquissées des séraphins, représentants du monde angélique, témoin et soutient de ce mystère de l’incarnation, sous la conduite de Saint Michel. Alors qu’une partie du monde angélique, suivant Lucifer a refusé cet abaissement de Dieu et essaye d’empêcher ce mystère de se réaliser et nous empêcher d’y croire.
La figure du quadri-lobe met en valeur la circulation de la périchorèse entre les quatre entités, dans un circuit « flèché » unique et continu orange. Ces circulations sont renforcées par les cordons verts et violets qui circulent dans le même sens. Les bandes vertes avec germes de vie représentent la Vie extériorisée, manifestée, reliée à la vie interne divine. Les cordons violets avec leurs germes, représentent la grâce divine envoyée et reçue. Ainsi l’Emmanuel dans le sein de Marie et le Fils ont leurs centres cernés de violet et la périphérie de vert alors que pour l’Esprit, à l’inverse, la grâce est agissante, manifestée extérieurement (voir la Pentecôte et la diversité des dons et des manifestations de l’Esprit) et la vie est intime. Ainsi le courant de vie (cordon vert extérieur) passe du Père par l’Esprit sanctificateur dans la vie de Marie (cordon vert externe) qui la transmet au Fils. Le Fils mort et ressuscité (vert extérieur) dans l’Esprit retourne à la droite du Père (vert extérieur), d’où son Père enverra sa grâce (cordon violet) par l’Esprit aux hommes qui par son don, pourront être conformés à son Fils et rejoindre son royaume (vert extérieur.) … et le circuit permanent est bouclé.
Cette icône illustre donc le chemin du salut : l’Esprit Saint envoyé par le Père engendre par sa grâce, en Marie, l’Emmanuel : « Dieu parmi nous ». Jésus parcourt sa vie d’homme et annonce la Bonne Nouvelle de l’Amour de son Père pour les hommes, jusqu’à sa passion et sa mort sur la croix. Ressuscité dans l’Esprit Saint, il retourne au Père. Celui-ci, envoie l’Esprit Saint, sur les hommes qui deviennent par une nouvelle naissance, temples de l’Esprit, frères de Jésus-Christ, enfants du Père et reçoivent la vie éternelle dans son royaume.
Marie et avec elle toute l’humanité, greffée sur la périchorèse trinitaire, entre ainsi dans la danse sacrée de l’admirable échange d’Amour des trois personnes de la Sainte Trinité
Je souhaite que cette icône puissent servir comme support de prière et de méditation sur l’Incarnation et aussi comme outil pédagogique pour une approche de la beauté et richesse de la foi en la Sainte Trinité et du rôle de Marie dans le salut, notamment pour la formation catéchistique. Mais je pense aussi que cette approche visuelle de ces mystères pourrait intéresser des chercheurs de sens de la vie et du monde, chercheurs explicites ou inconscients de Dieu, même hors de toute religion.
Car « l’Esprit souffle où il veut. »
Alain, Mai 2024